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La présidente de l'Association québécoise des retraité(e)s des secteurs public et parapublic (AQRP), madame Madelaine Michaud, fait un bilan des événements ayant mené à l’élargissement de la vaccination contre la grippe A(H1N1) à toutes les personnes de 65 ans et plus, que ces personnes soient atteintes de maladies chroniques ou non.
« La première leçon à tirer de l’annonce de l’élargissement de la vaccination à toutes les personnes aînées du Québec est que l’âgisme peut être combattu avec succès.
Après une campagne intense de l’AQRP afin de mettre en lumière les déficiences des communications gouvernementales à propos de la vaccination, de démontrer la nécessité que les personnes à mobilité réduite soient vaccinées à domicile et de dénoncer l’âgisme dont les personnes aînées atteintes de maladies chroniques étaient les victimes, les autorités ont finalement accepté de modifier la séquence de vaccination.
C’est donc une victoire pour les 300 000 personnes âgées de 65 ans et plus atteintes de maladies chroniques, qui avaient été exclues des principales priorités malgré les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). C’est également une bonne nouvelle pour les personnes de 65 ans et plus en bonne santé, même si cela ne faisait pas partie de nos demandes. En effet, l’AQRP n’a jamais demandé de passe-droit pour les aînés du Québec.
Après avoir répété à qui voulait l’entendre que les personnes âgées étaient moins susceptibles d’attraper la grippe A(H1N1) que les personnes d’autres groupes d’âge, les autorités ont finalement concédé que les personnes âgées de 65 ans et plus étaient davantage susceptibles de subir des complications liées à la grippe, et ont donc devancé la vaccination de toutes les personnes aînées du Québec, que ces personnes soient atteintes de maladies chroniques ou non.
À mon avis, ce résultat n’aurait pu être obtenu sans la mobilisation des groupes d’aînés et de retraités, dans toutes les régions du Québec, et des personnes âgées elles-mêmes qui nous ont alertés à propos des ratés de la campagne de vaccination. Pour moi, c’est une victoire des aînés contre l’âgisme. Cela prouve que les aînés du Québec sont capables, lorsque la situation l’exige, de combattre l’âgisme et d’avoir gain de cause.
Cette annonce inattendue confirme toutefois la confusion qui règne au sein des autorités. En effet, si la séquence de vaccination était basée sur des critères objectifs, qu’est-ce qui justifie un tel revirement de situation? En quoi la disponibilité accrue de vaccins justifie-t-elle un changement dans la séquence de vaccination? Pourquoi ne pas avoir simplement devancé la vaccination de la population en général? Les autorités admettent-elles qu’elles ont fait une erreur concernant les personnes aînées? Le premier ministre est-il intervenu afin de modifier la séquence de vaccination?
Fidèles à la campagne que nous menons depuis le 6 novembre dernier, nous avons maintenant l’intention de nous assurer que cette annonce importante devienne réalité dans toutes les régions du Québec. » |