L'AQRP réclame que la prévention du suicide devienne une priorité

« À l'approche d'une campagne électorale, il est essentiel que toutes les personnes qui prévoient solliciter l'appui de la population du Québec se prononcent en faveur de l'amélioration du soutien apporté aux personnes aînées suicidaires et à leur entourage, et en faveur de la prévention du suicide en général », a déclaré Mme Madelaine Michaud, première vice-présidente de l'AQRP.Plus précisément, l'AQRP demande :

le déploiement de sentinelles, des personnes formées pour reconnaître les signes de détresse, dans les milieux de vie des aînés, tel que le suggère l'Association québécoise de prévention du suicide (AQPS); la désignation des personnes aînées comme un des groupes cibles prioritaires des politiques gouvernementales et des stratégies d'action des organismes de prévention du suicide;le développement de programmes de prévention s’adressant spécifiquement à l’entourage des personnes aînées suicidaires;l’amélioration de l’accessibilité à des services de santé mentale pour les personnes aînées présentant un risque de suicide;un soutien financier accru aux organismes de prévention du suicide, que ceux-ci ciblent spécifiquement ou non les personnes aînées.

Selon l'AQRP, ces actions sont devenues nécessaires notamment en raison de la croissance du suicide chez les personnes aînées constatée au cours des dernières décennies. En effet, selon une étude menée par des chercheurs du Centre de recherche sur le vieillissement de l’Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke et de l’Université de Montréal, au Québec, le taux de décès par suicide des personnes âgées de 65 ans et plus a augmenté de 85,4 % entre 1977 et 1999.L'AQRP exprime par ailleurs son inquiétude à l'égard de la croissance anticipée du suicide chez les aînés. En effet, dans un document intitulé « L’épidémiologie du suicide au Québec : que savons-nous de la situation récente? », l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) signale que la mortalité par suicide des générations du « baby-boom » semble se maintenir avec leur avancement en âge. Cette réalité signifie que, si cette tendance persiste, nous risquons d’observer des taux de décès par suicide très élevés chez les personnes de 55 ans et plus dans les prochaines années.Selon les recherches, de 60 à 80 % des aînés qui se suicident souffrent d’une dépression. Les maladies chroniques, les handicaps physiques et la dépendance associée à certains problèmes, de même que la douleur chronique, sont aussi liés à la dépression et au suicide. L'accumulation de pertes, notamment la perte d'un travail significatif ou la perte de la viabilité financière, représente également un facteur de risque.On rapporte que, chez les aînés américains, le ratio de suicide complété est de 1 décès pour 4 tentatives de suicide, alors que ce ratio est de 1 décès pour 25 tentatives dans la population en général. Il semble que les personnes âgées utilisent des méthodes de suicide plus létales et présentent généralement moins d'ambivalence face au suicide.L'étude du Centre de recherche sur le vieillissement signale par ailleurs que 75 % des personnes âgées décédées par suicide avaient exprimé des idées de mort ou montré un comportement suicidaire au cours des six mois qui ont précédé leur suicide.À l'instar de l'AQPS, qui organise la Semaine de prévention du suicide, l'AQRP souhaite sensibiliser la population à l’importance d’être vigilants et attentifs aux indices de détresse et aux comportements suicidaires, encourager les personnes suicidaires, leur entourage et les personnes endeuillées par le suicide à sortir de l’isolement et à demander de l’aide, et informer la population de l’existence de la ligne 1 866 APPELLE.